Qu'appelle-t-on philosophie à l'école primaire ?

January 6, 2017

La philosophie a fait son entrée à l’école primaire depuis plusieurs années. Les objectifs visés par les enseignants ne sont ni la présentation de doctrines philosophiques, ni l’enseignement d’une nouvelle discipline. Il ne s’agit pourtant pas de « philosophie pour enfants », car il n’y a pas une philosophie pour enfants et une philosophie pour adultes. Il y a la philosophie. Mais alors qu’est-ce que la philosophie ? Chaque philosophe tente d’y répondre à sa manière et tous s’interrogent sur le sens des choses. Philosopher, c’est questionner, réfléchir à une question, dialoguer, confronter des idées. Le langage est l’outil privilégié du philosophe, il emploie, le plus souvent, les mots de tous les jours et s’attache à montrer que les mots sont porteurs de sens et qu’il faut sans cesse s’interroger sur ce sens. C’est en cela que la philosophie répond aux objectifs des programmes et du socle commun de connaissances, de compétences et de culture, notamment en ce qui concerne la maîtrise de la langue française et les compétences sociales et civiques. Le terme de « débat » lui donne un cadre institutionnel et peut permettre de créer des liens avec les autres disciplines.

 

En philosophie (à l’école primaire), les pratiques pédagogiques des enseignants s’inspirent de différents courants qui se différencient notamment par la place occupée par l’adulte, les supports utilisés, le mode de choix des questions. 

 

Voici quelques-unes de ces approches présentées de façon succincte.

 

L’APPROCHE PÉDAGOGIQUE DE JACQUES LÉVINE

 

Il pense la philosophie avec les enfants comme préalable à la pensée : le débat d’idées, sans intervention de l’adulte, permet la prise en compte de la rigueur de toute réflexion, des ambiguïtés, des paradoxes et fait prendre conscience de l’appartenance à un groupe de pensée.

 

L’APPROCHE PÉDAGOGIQUE DE MATTHEW LIPMAN

 

Il a élaboré un programme complet pour les enfants de la maternelle au lycée en écrivant des romans suscitant des questions et en proposant un protocole précis ; l’adulte applique ce protocole et intervient sur la forme des idées et non sur leur contenu.

 

L’APPROCHE PÉDAGOGIQUE DE MICHEL TOZZI

 

Il préfère l’expression « discussion à visée philosophique » au terme « atelier ». Il a beaucoup travaillé sur la didactique de la philosophie et sur les nouvelles pratiques de la philosophie à l’école. Il retient trois objectifs essentiels : problématiser, argumenter, conceptualiser. L’adulte est concepteur et garant du dispositif démocratique.

 

L’APPROCHE PÉDAGOGIQUE D’OSCAR BRÉNIFER

 

Il s’agit avant tout d’aider les élèves à exprimer leur pensée et à identifier les sources de leurs représentations. L’adulte guide, accompagne, aide à reformuler, à relier les idées, à synthétiser.

 

L’APPROCHE PÉDAGOGIQUE DE MARC SAUTET ET JEAN-FRANÇOIS CHAZERANS

 

Un intervenant philosophe présente un modèle à penser et aide à philosopher ensemble : la rencontre avec un philosophe complète la discussion entre pairs.

Ces démarches très différentes ont cependant des points communs :

– l’affirmation que l’enfant peut philosopher ;

– philosopher, c’est découvrir le plaisir de penser ;

– philosopher, c’est s’intéresser au langage, aux idées d’autrui : c’est dialoguer,

débattre ;

– philosopher à l’école, c’est aborder des questions universelles qui sont aussi celles

des enfants.

 

C’est ce que préconise Kant dans Critique de la raison pure : « Le professeur ne doit pas apprendre des pensées... mais à penser. Il ne doit pas porter l’élève mais le guider si l’on veut qu’à l’avenir il soit capable de marcher de lui-même. »

 

Les caractéristiques du débat philosophique

 

Le sujet du débat doit concerner tout homme quelles que soient sa culture et l’époque où il vit. Il est universel. De même, les thèmes abordés à l’école ont une portée universelle, même s’ils concernent directement l’enfant. La question philosophique n’attend ni une seule solution, ni une « bonne » réponse, ni une réponse factuelle, pas plus que technique ou scientifique.

 

Le plus souvent, le débat débute par une question universelle, il se nourrit des interventions des élèves (du général au particulier, du particulier au général). L’idéal est de conclure (si on peut conclure un débat philosophique !) sur une pensée universelle. On peut aussi partir d’une question sur un fait particulier et montrer que cette interrogation a une dimension universelle.

 

Les trois dimensions du débat philosophique

 

Le débat met en scène une réflexion individuelle et collective. Il a une dimension réflexive (pourquoi je pense cela ?), une dimension herméneutique (déchiffrer et interpréter des phénomènes du monde) et une dimension pédagogique (se confronter à l’autre et à ses idées).

 

Source : http://crdp.ac-paris.fr/seanceplus/terredesours/sites/default/files/

SeancePlus_TDO_philo_debat.pdf

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